mardi 28 novembre 2017 - Du tram, du bus    No Comments

Couleur… Café… ♫

L’hiver arrive enfin avec le vent qui glace et le givre sur la place. Il est très tôt, le soleil dort encore et Michel croise les travailleurs matinaux encore englués de sommeil. Il rentre chez lui pour aller se coucher.

Il n’a que cinq stations de tram avant d’arriver chez lui. C’est une chance car cela lui évite de s’endormir sur le trajet.

Michel est veilleur de nuit dans un grand magasin de literie.

Toutes les nuits, le grand gaillard slalome dans le noir entre les matelas avec sa lampe de poche. Il rêve qu’il s’allonge de tout son long, qu’il s’envole au pays des songes… il rêve de matelas immenses à ressorts, en latex ou à eau. Il rêve d’un oreiller à mémoire de forme et surtout de le partager.

Fabienne ouvre sa boulangerie à 6h30 pétantes tous les matins. Elle est d’une ponctualité rare ; les habitués lui ont donné un surnom : Big Ben. Elle est ronde, souriante et joviale dès l’aube et les premiers clients apprécient sa bonne humeur.

Julie traîne des pieds. Dans la brume du matin, elle arpente le grand boulevard et n’a pas envie d’aller travailler aujourd’hui. Depuis qu’elle a posé le pied au sol en sortant de son lit, elle est au ralenti. Quelque chose la retient, un truc inexplicable, une sensation inédite qui la freine. Elle est en retard mais décide de prendre son temps et même de s’octroyer une pause café ; quitte à être en retard autant l’être vraiment.

Julie est la première ce matin à pousser la porte qui cogne dans la clochette.

– Bonjour Julie, comment ça va bien ce matin ?

Drôle de formulation cette expression qui n’attend aucune réponse puisque la réponse est déjà dans la question comme une obligation d’aller bien… Julie n’a jamais aimé cette expression stupide.

– Bonjour Fabienne, eh bien écoute… Et toi ?

– Moi ça va toujours ! Un café allongé ?

– Oui avec un peu de lait et sans sucre, s’il te plaît.

Michel entre dans la boulangerie, il a envie d’un croissant au beurre et, il le sait, ceux de Fabienne sont excellents.

– Bonjour Michel, comment ça va bien ce matin ?

– Salut Fabienne, Bah… Tu me sers un café s’il te plaît ?

– C’est comme si c’était fait ! Allongé le café ?

– Allongé oui c’est le mot qui convient, allongé… Avec un peu de lait et sans sucre, merci.

Julie se retourne, croise le regard de Michel et lui offre un joli sourire allongé…

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