lundi 27 novembre 2017 - Du tram, du bus    No Comments

Adieu les jolis foulards… ♫

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Il n’est pas question qu’elle sorte sans son foulard sur la tête, ce n’est absolument pas négociable.
Sandra se prépare dans la salle de bains. Elle songe que cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas senti le vent frais danser dans ses cheveux, ses mèches ondulés suivrent les mouvements chaloupés de sa marche… Elle a hâte.

Encore quelques jours à patienter et elle rédécouvrira cette douce sensation.
 
Elle brosse ses cheveux longs épais qu’elle attache en queue de cheval basse. Sandra trouve ça plus élégant qu’un palmier sur la tête, surtout passé 25 ans. Elle en a 38 alors bon, le look danseuse de rock acrobatique hystérique avec queue de cheval perchée et jupe patineuse virevoletante, ce n’est pas vraiment son truc.
 
Ce matin est un grand jour alors elle s’applique à être encore plus jolie que d’habitude. Sandra n’a pas grand chose à faire, c’est une beauté nature qui n’a pas besoin de beaucoup d’artifices. Elle se maquille avec légèreté et précaution ; un peu de mascara noir et un rouge à lèvres rouge framboise, cela suffit. Un jean brut bien coupé, un gros pull gris qui ne gratte pas et des bottines noires à lacets et à petits talons carrés. La classe sobre et efficace.
 
Elle sort de son armoire, son petit manteau à carreaux noir et turquoise, qu’elle a trouvé il y a plus de quinze ans dans un charity shop à Londres. C’était la grande époque, celle de l’insouciance, de l’acid jazz et des bringues un soir sur deux.
 
Sandra commence par poser le foulard sur le sommet de son crâne puis elle replie consciensieusement les pans de côté sur ses oreilles et attache le tout derrière sa nuque. Toujours le même rituel mais plus pour longtemps.
 
Elle marche à vive allure vers le quai du tram pour ne surtout pas le rater, ne surtout pas être en retard.
 
Ce matin, elle a rendez-vous pour la libérer enfin de son complexe de toujours : ses petites oreilles décollées.

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