lundi 9 octobre 2017 - Du tram, du bus    No Comments

De l’utile au futile…

Louise avait tenu, malgré les larmes, malgré les cris, malgré les corps, malgré ses paysages adorés dévastés. Elle avait tenu jusqu’au bout de ce qu’elle pouvait. Puis, elle avait fini par se résigner, se résoudre à partir. Elle avait pris quelques affaires, sa paperasse administrative, quelques souvenirs, quelques photos. Sa petite valise était pleine à craquer : un peu comme elle… Elle essayait de tenir bon et savait qu’elle allait sans doute passer de longues heures, peut-être plusieurs jours à l’aéroport, priant pour qu’un avion décolle vers la métropole. Un employé de l’aéroport lui avait offert une grosse écharpe pour l’arrivée dans la capitale. Louise avait de la chance et s’envola vers Paris trois heures après. Elle allait retrouver une partie de sa famille et tout recommencer. La voilà à l’aube dans la navette, puis le métro. Elle prend peur, trouve que ça pue et que c’est très bruyant. Elle opte pour le tram. Elle prend place avec sa précieuse valise et assiste à un échange très banal pour les usagers habituels des transports en commun :
– Vous m’avez poussée ! Vous pourriez vous excuser tout de même !
– Pardonnez-moi, je…
– C’est un monde ça ! Un monde oú on ne s’excuse pas !
Louise assistait à la scène, médusée. Irma non plus ne s’était pas excusée.
Elle se dit que les gens pour la plupart, ne se rendait pas compte de leur chance inouïe.

 

 

 

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