mardi 30 mai 2017 - Tous    No Comments

Hervé, Alain et les autres

Ses grandes jambes, comme des métronomes étranges et souples, battent la mesure sur le pavé brillant ; il n’a pas pris de gants. Hervé n’a pas de montre non plus. Il aime le temps et tourne légèrement après la place, étendue des paumés dans la rue grise enfumée.

Le métro aérien sort de la brume dans un éclair de rouages, mécanisme ferroviaire, il pense à hier. Sans sourciller sur le quai, il regarde vaguement autour de lui et survole des yeux le wagon, offre quelques sourires. A l’intérieur, ses pensées vagabondent et flottent à l’orée des nuages irisés dans son ciel orangé. D’un regard allumé, Hervé leur indique la direction. Direction Nation, Camille se prépare avec attention. Il marche vers les correspondances, souvenir épistolaire, couloirs de mots, escaliers de phrasés, portillons de baisers à la ligne 6, rapprochement des coeurs, frôlement des corps. Dans le décor plus haut ; l’alchimie de leurs âmes ravies qui se croisent, se mêlent, s’entremêlent, se séparent, se retrouvent, et tourbillonnent en simultané dans la sphère bleue argentée et rouge dorée de leurs désirs profonds, inconscients et colorés.

Sortie de métro. Maintenant, les pas se pressent, le rythme s’accélère. Camille se presse, Hervé accélère, pressé de prendre l’air. Le soleil se couche, la lune s’étire. Le vent claque plus fort sur les joues impatientes. Le vent claque moins fort sur les passants transparents.

La main, les doigts, l’interphone.
L’escalier, les marches, la porte.
Les yeux, les bras, la bouche.
Quelques gouttes ruissellent encore de la pomme de la douche et dans le cendrier en béton brut, le silence part en volutes.

Volutes

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