mardi 17 juin 2014 - Musiques, Poésies, Tous    No Comments

Plouf

Aujourd’hui ; retrouvailles avec le carrelage

turquoise immense strié de blanc. Le bracelet rouge du vestiaire avec la clé qui danse au poignet portant le numéro 167. Le casier en fer trop petit qui s’ouvre et se ferme avec un jeton orange foncé. La douche deuxième à gauche faible et tiède. Monter deux escaliers trempés jusqu’à la rambarde. Croiser les deux maîtres nageurs endormis qui penchent un peu hauts perchés. S’approcher du grand bassin. Mettre un pied et oublier l’eau froide jusqu’au bassin. Ajuster mes vieilles lunettes en silicone relativement étanches, mon bonnet noir en tissu tête de tanche. Ajuster ma bretelle de maillot bleu speedo. Savourer la première longueur, s’étirer dans l’eau en douceur, sur la haute pendule regarder l’heure. En fond sonore, l’écho rythmé du cours d’aquagym pour mémés en bonnets à fleurs et puis plus près ; le bruit flip flop des palmes vertes d’une nageuse experte. Les longues lignes d’eau et leurs gros colliers de flotteurs rouges, parfois blancs, parfois rouges, parfois blancs, parfois rouges, parfois… Frôler du pied une nageuse incertaine. Faire une pause et d’un regard, d’un hochement de bonnet répondre « après vous ».
Nager.
Sortir de l’eau, sentir le chlore et en vouloir encore. Descendre l’escalier en tenant la rampe pour ne pas glisser avec les pieds fripés. Filer sous la douche deuxième à gauche faible et tiède. Effacer l’odeur du chlore, opter pour vanille karité. Mettre la clé mouillée dans le casier 167, récupérer son sac dans la cachette. Choisir une cabine libre et rouge, refermer les deux portes, que personne ne bouge. Séchage, habillage, attacher les cheveux sauvages avec un élastique hors d’usage. Trier les affaires, se taire au rythme des claquements des casiers en fer énervés. S’extirper de la cabine, détecter du chlore sur ses babines. Bip. Passer le badge jaune. Saluer la caissière pendue au téléphone. L’eau était bonne. Pousser la lourde porte vitrée de la sortie, revenir à la vie dans un souffle de vent d’été. Léger, légère, légèreté. Entendre encore dans mes oreilles bouchées ; le silence de ma brasse coulée…

J’aime bien nager.

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