vendredi 10 août 2012 - Poésies, Tous    3 Comments

C’était tant…

C’était en juillet et il ne s’était rien passé.
Il trouvait le temps long et avait le souffle court.
Sans maudire le silence, sans mot dire la séance.
Aveuglé de l’intérieur, dans l’espoir de ne plus les entendre.
Peu à peu, son chemin se traçait dans la pénombre de son état d’esprit. Il savait qu’il avait à oublier quand tant d’autres cherchaient à savoir…

C’était en juin, il se souvenait bien.
Compter lentement les pas sans jamais se dépasser.
Caresser les feuilles, déchirer les feuillets verts et grenats
S’endormir pour mieux se réveiller, c’était bien ça.
Il ne se doutait pas que le mois de mai était imparfait.

C’était en mai, mais nul jamais ne profitait des mets.
Faire ce qu’il lui plaît, il souriait devant sa plaie.
Déborder ses anomalies de construction, il prenait une effusion vers veines. Laisser infuser, boire encore l’amertume en attendant qu’elle s’allume. Renaissance des fleurs mauves comme chaque année.

C’était en avril, les prémices de la lumière tentaient une avancée.
Avancer vers lui sans détour, sans détourner l’ennui, la nuit.
Calculer sans problème, fractionner l’addition, se soustraire…
Avril roule comme au premier jour, la farce du poisson farci au poison.
Antidote incluse et introuvable perdue dans ses os troubles.

C’est en mars, rêveur en goguette sans troubler la fête.
Les planètes sont hostiles, il songe à une île songe à une il… songe.
Dans sa maison, la lune réfléchit à sa place au-dessus du miroir.
Refaire la ronde des comètes, refaire l’angle des tomettes couleur tomate. Arranger dans un tiroir la voie lactée avant qu’elle ne tourne…

C’était en juillet et il ne s’était rien passé.

3 Comments

  • Italo Svevo, dans La conscience de Zeno, écrivait :

    “Je suis au moins sûr d’une chose : écrire est le meilleur moyen de rendre de l’importance à un passé qui ne fait plus souffrir et de se débarrasser plus vite d’un présent qui fait horreur.”

  • Voilà un texte que j’aime beaucoup, merci Toi !

  • @Jean d’Orphine
    Quelle phrase amère et triste de certitudes…
    Je conseille à Svevo d’arrêter d’écrire, de lire Pontalis et en particulier cette phrase.
    « Je tiens pour suspecte une pensée qui, tout en s’en défendant, a réponse à tout et tient à l’écart sa propre incertitude… »

    @Marc Novost
    Tiens, ça fait un moment ! Merci.

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