jeudi 16 février 2012 - Contraintes, Tous    3 Comments

Injure sans toi

Muet, ton Blackberry dernier cri ne quitte pas ta ceinture. Dans ton sourire de fracture, tu songes à tes capitaux futurs. Eructant tes mots brouillés par la friture, le doigt érigé vers l’azur, tes promesses de traître manquent cruellement d’allure. Même avec mauvaise mine, tu fais toujours bonne figure ; le nez dans les mixtures des soirées de luxure avec mauvais goût, faux semblants et vraie fourrure. Inventif, tu vas nous montrer de quel bois tu te chauffes, mais de ce chêne somptueux tu n’es que sa pauvre lasure. Tes folles aventures bafouillées de fissures, une existence obscure et inventée que tu projettes sur les murs, alors que le dimanche, comme un branque, tu briques ta belle voiture. Tu milites comme tu peux dans un vague parti en te prenant pour un influent, c’est sûr ; un dur doté d’une vraie posture. Hypnotiques logorrhées épistolaires dans lesquelles tu te perds à rassembler du vide pour éviter de vivre. Jouer au paon de grande envergure, petit oisillon de mauvais augure, négligeant l’autre bien sûr en lui crachant à la figure et en détournant le regard dans une éclaboussure. Minus, ton habit est comme il se doit ; sur mesure. Tu étouffes étriqué dans la doublure indomptable de ton costard basse couture. Ton destin de garniture t’échappe aveuglé par de multiples et brillantes fioritures. Ta bouche n’est que froidure, ton regard du cyanure et ton âme perdue ; une moisissure. Tu prônes la liberté, promoteur de l’ouverture mais hélas ce n’est toujours pas la bonne conjoncture. Tes lapsus camouflent grossièrement tes grasses nourritures. Ta vie n’est que salissures, tes amours de pâles blessures. Ton reflet que tu imagines grande peinture n’est en fait que petite devanture. Ton corps toujours planqué dans une armure, tes sentiments froids au chaud derrière tes interminables clôtures.
Vas-y, pose là encore ta candidature.

Noir Desir – Un homme presse

Pourtant, la musique adoucit les murs et mon esprit bien plus loin s’aventure…
Alors je me souviens de lui, et lentement ma pensée se retourne sur son sourire – délicieuse torture… Je songe déjà à nos rendez-vous futurs, dans le parc je retrouve le goût de ses commissures, assise sur le banc et sa verdure, de la douceur de nos murmures, de son odeur impure. Avec lui, partager un café, un thé, un Chocolate des Tindersticks et de la fraîche confiture, puis savourer le temps qui s’écoule en un éclair est si clair et son regard si sombre qui me frôle furtivement en voiture. Emue, éprise, éperdue je me retrouve… Mes mains se posent délicatement autour de son cou et je prends ma plus gracieuse posture qui plus tard, formera contre son corps, c’est sûr ; la plus belle des sculptures…
Vas-y, pose là encore ta morsure…

Tindersticks – Chocolate

3 Comments

  • Admirable portrait d’un redoutable méfait.

  • Quelle belle description ! Un texte tellement noir, si vrai. J’adore !

  • @Ramaric… C’est un peu breton ça.
    @Jean Pierre : merci !

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