jeudi 29 décembre 2011 - Tous    2 Comments

De la gourmandise

Souvenez-vous…
Dans le placard en bois blanc de la cuisine, très haut (trop haut) placé ; un paquet rectangulaire vu d’en bas, à peine camouflé derrière le verre fumé de la petite porte qui ferme mal.
Lorsque nous nous décidions, après avoir échafaudé quelques stratégies enfantines, à saisir la gourmandise ; les yeux brillaient… Les points d’interrogation dansaient…
Trois chatons et le dessin d’une barquette charnue, dorée, débordante de confiture à la fraise. Un petit crissement délicat entre les doigts nous rappelle qu’il faut prendre soin de l’emballage…
Un paquet en carton souple où nous mettions à rude épreuve notre patience, avec comme objectif de l’ouvrir sans trop abîmer son contenu et surtout sans laisser de trace de notre pas sage.
Dedans : 18 barquettes bien rangées, couchées les unes sur les autres, retenues par un petit bout de carton, toutes les 4 barquettes. Tremblante, la main s’égare..
La première barquette.
Les doigts se perdent dans l’obscurité du paquet, devinent les bords rebondis d’une croûte dorée et souple et tentent en vain de saisir le butin.
Le paquet dévoile enfin son trésor. Une enivrante senteur de fraise – trop intense, trop évidente pour être vraiment naturelle – s’échappe et, sans crier gare, vous chatouille avec insolence les narines.
On frôle l’un des sens…
Lorsque la faim n’est pas trop criante, on s’amuse à décortiquer soigneusement la barquette, séparant minutieusement la confiture dense du reste du biscuit arrondi.
Après, c’est un choix cornélien qui s’avance.
Croquer le biscuit ou se délecter d’abord de la confiote ?
Alors parfois, quand l’appétit ne tient plus en place, au-delà de toute raison, oubliant les futures punitions d’une sucrerie dérobée avant le repas du soir, oubliant les conséquences, quand tous les sens en alerte ne rêvent que de gloutonnerie…
Pas de répit, pas de séparation des goûts, des saveurs, des textures.
C’est d’un coup, d’un seul, que la barquette disparaît, engloutie dans les bas fonds acides de nos jeunes estomacs.
Puis, la seconde barquette…

2 Comments

  • Le bonheur saisonnier de poser le doigt sur la confiture…
    Toucher lisse et dur d’hiver contre toucher collant faisant une petite pointe des après-midis d’étés

  • A chaque saison sa nourriture,
    A chaque saison sa confiture !

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